Self tracking et big data

A force de vivre avec l’internet, nous allons finir par vivre dans l’internet ! C’est d’ailleurs ce qui est en train d’arriver avec le self tracking, dernière en date des tendances du marketing numérique.

Le self tracking consiste à se suivre soi-même : ses actions, ses déplacements, sa vie, sa santé en ligne et en temps réel. Chacun fait de lui-même la star de son auto-biographie. On peut considérer que Twitter et Foursquare en constituent, en quelque sorte, les signes avant-coureur.

En matière de sport, Nike a entamé depuis quelques temps une réflexion de fond doublée d’une approche produit intéressante : au travers d’une gamme nommée Nike +, l’entreprise américaine est en train de mettre sur le marché un certain nombre de capteurs adaptés à plusieurs formes de sports : des « ordinateurs de poignets » pour la course à pieds (déjà disponibles), des chaussures intelligentes pour la course à pieds et le basket-ball, et même un petit bracelet permettant de suivre son activité quotidienne, le FuelBand, dont la sortie en février dernier a généré un certain buzz.

Nike est même allé plus loin : ils ont passé des accords avec Apple pour inclure des capteurs directement dans les iPod Nano et même avec Microsoft : le Kinnect (capteur de mouvements à brancher sur la XBox) enregistre les données d’exercices de fitness conçus par Nike, à faire chez soi.

Et la réflexion ne s’arrête pas en si bon chemin. Nike a inventé le « Nike Fuel », une unité de mesure d’activité physique. Oh, bien sûr, pas grand chose de scientifique là dedans ! Il ne s’agit pas de mesurer avec une précision chirurgicale une quelconque énergie. Non, il s’agit d’estimer un niveau d’activité : plus on bouge, plus on s’active et plus on « brûle » de Fuel. Simple et efficace car très facile à lire et à interpréter.

Le bracelet FuelBand, donc, qui est doté de deux gyroscopes, mémorise le niveau d’activité de son porteur et peut communiquer avec une application à télécharger sur son iPhone : on peut ainsi se fixer des objectifs, connaitre les moments les plus actifs de sa journée… voire gagner des médailles (virtuelles) et se comparer aux autres porteurs du même bracelet. Naturellement il est possible de partager ses résultats avec ses amis sur Facebook et Twitter. Tout ça est sympathique et récréatif.

Le FuelBand est un enregistreur de données, couplé à un logiciel d’analyse. En un mot, un pas de plus vers l’internet des objets. L’objectif est de permettre à chaque utilisateur de se fixer des objectifs d’activité et de les atteindre en se motivant.

On connait le goût des entreprises américaines pour les données. On sait également que bien souvent pour elles le comment devance le pourquoi. C’est un grand classique : on collecte des données et on verra bien ce qu’on en fait après… dans l’esprit de nombre d’entreprises américaines (et de leurs banquiers) l’important est de collecter des données qui permettent de développer la connaissance client la plus fine. Connaitre ses clients en effet, c’est pouvoir leur proposer des services adaptés, autrement dit développer pour eux de la valeur !

Des millions de clients, collectant des montagnes de données. On touche ici une notion qui fait l’actualité depuis le début de l’année : les « big data », c’est à dire le traitement massif de de très grandes quantités d’informations. Les enjeux concernent avant-tout des problématiques techniques : stockage adapté, nouvelles formes de bases de données (dites NoSQL), puissance de calcul nécessaire. Ce qu’il faut en retenir : aujourd’hui la technique n’est plus un frein à la collecte et au traitement massif.

Si la technique n’est pas un problème, c’est naturellement vers les traitements que se focalisent les enjeux et la question est simple : que va-t-on faire de tout ça ! A quoi tout cela va-t-il bien pouvoir servir ? Le cas de Nike est anecdotique car la démarche de type big data est de nature à toucher tout type d’activité : analyse des données de consommation, données issues de la géolocalisation, données d’usages en tout genre… parfois d’ailleurs à l’insu des utilisateurs (comme l’a noté Daniel Glazman à propos de la fameuse balance de Withings). Bref, le potentiel est énorme et les questions éthiques nombreuses.

Et vous, quelles informations êtes-vous en mesure de collecter ? A quoi cela pourra-t-il vous être utile, pour développer de la valeur-client ? FD Conseil se tient à votre disposition pour avancer sur toutes ces questions.

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