On a pas tous les jours vingt ans !

Bonjour à toutes et à tous. Alors que l’été semble (enfin !) pointer doucement son nez et après quelques mois de silence, je suis heureux de vous proposer la nouvelle newsletter de FD Conseil, un peu longue cette fois car en ce mois de juin, je fête mes vingt ans… de connexion à Internet !

C’était en 1993. Je venais de terminer mes examens de fin d’année et en attendant mon départ pour le service militaire, j’étais en stage chez Norbert Paquel.

Du point de vue de ce qu’on appelait alors les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication… cette expression semble bien désuète aujourd’hui), 1993 c’était le Minitel dont personne n’osait mettre en doute le règne sans partage. France Télécom n’avait pas encore été privatisée et lançait en grande pompe à Paris un téléphone mobile, le BiBop, dont personne ne voyait vraiment à quoi il pourrait bien servir.

Windows en était encore à sa version 3 et du côté d’Apple on se battait avec une des dernières versions du Système 7 qui préfiguraient les difficultés de Copland.

Linus Torvalds, encore étudiant à Helsinki, passait ses heures perdues à coder,comme un hobby un petit système d’exploitation…

Bref, toute une époque !

Norbert, donc, me mit en relation avec un de ses amis, R. Mahl, alors directeur du Centre de Recherches en Informatique de l’école des Mines.

Ainsi fut-ce boulevard saint Michel que je fis mes premiers pas sur Internet. Sur une station Sun, en ligne de commandes Unix car c’était plus pratique et sans le web car Mosaic, disponible depuis quelques semaines seulement, n’avait pas encore été installé sur les machines mises à disposition des élèves.

Sans l’Internet je n’aurais pas imaginé le métier de netsurfer, je ne serais pas allé en parler à Jean-Michel Billaut, qui ne m’aurait pas embauché (sur le champ !) en me disant : « la Compagnie Bancaire a besoin d’un netsurfer »… sans l’Internet, je n’aurais jamais enseigné à l’université, soutenu ma thèse ni osé me lancer dans l’aventure de FD Conseil.

Bref, sans l’Internet, vous ne liriez pas cette newsletter !

Je vous propose donc de résumer ces vingt dernières années en trois constats :

Premier constat : techniquement tout est devenu simple

En vingt ans, nous avons vécu un sprint permanent : course à la vitesse, à la puissance, à la simplicité.

Autrefois hobby de nerd, l’Internet (et plus largement l’informatique personnelle) est aujourd’hui à la portée toutes et de tous et s’est transformé en indispensable outil de productivité : créer un blog et partager sur les réseaux sociaux naturellement mais également utiliser des outils de business pour monter et faire tourner sa boite, petite ou grande.

Cette puissance simple a aujourd’hui un symbole : la tablette qui est en train d’envahir les foyers et qui rend évidents des usages qui, il n’y a pas si longtemps, étaient réservés aux labos de recherche, tels le streaming vidéo ou la réalité augmentée.

Il y a vingt ans, travailler à plusieurs demandait une véritable organisation : un responsable du planning, des réunions de travail, des compte-rendus, des photocopies… une vraie punition !

Aujourd’hui, on va sur Azendoo et en 10 minutes, on ouvre des comptes pour les membres du projet, on entre quelques paramètres et voilà : un outil collaboratif puissant, bien fait et pratique.

Cette simplicité d’ailleurs, fait tomber la frontière entre des mondes autrefois « personnels » et « professionnels » : d’où un phénomène comme le BYOD (Bring Your Own Device) que les DSI se doivent aujourd’hui d’intégrer dans leurs nombreux paramètres de fonctionnement et qui d’une certaine manière préfigure l’Internet des objets.

Enfin, cette simplicité va de pair avec une généralisation des outils numériques : des voitures aux cafetières, des avions aux matériels de travaux publics, ils ont tout envahi. Même les cantonniers s’équipent aujourd’hui de tablettes pour faciliter leurs tournées de nettoyage !

Deuxième constat et corollaire du premier : on vit dans l’ère de l’abondance généralisée.

Qui compte encore en kilo-octets ? Cela peut paraître risible, mais tout est là.

Aujourd’hui, le moindre téléphone portable peut stocker 4 Go de données… à rapprocher de mon premier Atari ST qui offrait 360 Ko de stockage sur des disquettes simple face, simple densité ; ou de mon premier Mac SE/30 (le micro le plus puissant de l’année, en… 1989) dont le disque dur stockait 40 Mo.

Evidemment, ces données brutes exprimées telles quelles ne parlent pas à grand monde. Maintenant, par curiosité, regardez le poids de vos dernières photos, des derniers films HD que vous avez téléchargés, des derniers albums de musique au format « Studio Master » : si vous deviez les stocker sur des disquettes, il en faudrait des milliers !

Cette abondance s’applique aussi à l’Internet. En 1993, on se connectait sans ADSL, avec des modems analogiques à 14,4 Kb/sec. et on payait les fournisseurs d’accès à l’heure consommée. Aujourd’hui le très haut débit est à 50, voire 100 Mb/sec. et on paye au forfait. Sans compter que des débits supérieurs sont déjà annoncés.

Cela permet les fameux services de type SaaS (Software As A Service) ou cloud : de Dropbox à YouTube en passant par Salesforces et Evernote, on a l’embrassas du choix et on croule sous les outils.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si une chose est possible mais de choisir l’outil qui va permettre de la réaliser le plus efficacement.

A la maison, les Nas (Network-Attached Storage) apportent des capacités de stockage phénoménales. Après avoir été de simples disques durs en réseau, les Nas constituent le coeur du digital entertainment : ils se connectent à la télévision et à la chaine HiFi, stockent et diffusent des films, des photos et de la musique. Ils permettent même l’auto-hébergement… voire de construire son propre petit nuage personnel, le tout en quelques clics.

Et je ne parle même pas du véritable raz-de-marée informationnel dans lequel nous vivons aujourd’hui : de Reuters à l’AFP, du streaming à Twitter et des SMS aux notifications… on vit dans un flux ininterrompu d’informations qui surgissent de partout : sur nos ordinateurs et nos tablettes, sur nos téléphones et bientôt même sur nos montres !

Il y a vingt ans, quand je quittais un ami après une soirée, je faisais sonner son téléphone deux coups pour dire que j’étais rentré chez moi et chacun se couchait content. Aujourd’hui on échange 21 SMS pendant le trajet, plus un like sur Facebook et deux check-in sur Foursquare… tout ça sans compter le mail et Twitter !

Troisième constat et corollaire du deuxième : la notion de valeur a été totalement chamboulée

On arrive ici au cœur du sujet : lors de sa sortie, la future PS4 va offrir 2 teraflops de puissance pour 400 Euro. Il a fallu attendre 1997 pour voir le premier grand système dépasser un teraflop et il avait une surface de 150 m² ! Ce qui servait hier à de complexes travaux d’ingénierie sera demain au service de jeux vidéo. J’avoue que ça me laisse rêveur…

En vingt ans l’économie dite 2.0 s’est généralisée. Elle a touché deux secteurs en particulier : l’édition au sens large (c’est-à-dire du livre à la télévision en passant par la musique et la presse) et les services qui sont à l’origine d’une véritable « économie-champignon ».

Aujourd’hui, tout est service : les transports sont des services de déplacement, les banques sont des services financiers, le téléphone est un service de communication et même ce bon vieil Internet est devenu un service de transport de données.

Les techniques sont puissantes et abordables, tout le monde les maitrise… restent les équations économiques : beaucoup restent encore à trouver car nombre de modèles actuels sont encore fragiles.

En vingt ans, c’est sans doute l’économie du logiciel qui a le plus évolué. Entre le cloud et le SaaS, de nombreux logiciels ne s’achètent plus réellement. Sans compter, naturellement, le succès des logiciels Libres ou open source qui, n’en déplaise aux puristes, ont imposé la gratuité pour nombre de fonctions autrefois peu pratiques et couteuses : de Firefox et Linux à Wikipedia et Libre Office, on dispose aujourd’hui d’outils puissants, parfaitement fonctionnels et d’un usage totalement gratuit.

Naturellement, ce phénomène fait tache d’huile. Les contenus maintenant numérisés vont devoir adapter leurs équations économiques, en dépit de leur résistance actuelle. Et d’autres pans de l’économie devront également le faire car l’économie 2.0 est une véritable vague de fond.

En conclusion, cela me permet de tirer les deux premières « lois de Druel » de l’économie numérique

Loi 1 : tout bien numérisé finit toujours massivement distribué

Cela peut paraître évident mais tout est là : en dépit des protections et autres DRM, dès qu’un contenu est numérisé, il se propage à la vitesse de la lumière : tout le monde a un jour envoyé des images humoristiques par mail et chacun a donc déjà mis le doigt dans l’engrenage !

Naturellement, avec des ordinateurs toujours plus puissants et des connexions Internet dont le débit n’arrête pas d’augmenter, la distribution devient de plus en plus massive et de moins en moins contrôlable… du moins au sens de l’ancienne économie.

Loi 2 et corollaire de la loi 1 : il faut passer du contrôle de la rareté à l’organisation de l’abondance

Depuis Adam Smith, on admet que l’économie est la science des biens rares. Sans rareté, il n’y a pas de valeur. Pour créer de la valeur il suffit donc de contrôler la rareté.

Qu’on pense à tous les métiers de la distribution : on a des produits dénombrables (des disques ou des DVD par exemple) et on organise leur distribution. Le secret est dans la qualité de la logistique et la précision du « bâtonnage ». D’ailleurs, de Carrefour à la Fnac, la France a généré un certain nombre de champions de la distribution.

Dans le monde de l’abondance généralisée, le contrôle n’est plus possible ; il s’agit aujourd’hui d’organiser l’abondance ou, plus précisément, d’en rendre l’accès pratique.

En la matière, le grand gagnant, c’est Google : sans abondance généralisée, Google perd sa raison d’être. D’ailleurs, le géant de Mountain View pousse le modèle à son paroxysme : dès que cela est possible, ils font tout pour susciter et développer la création d’innombrables contenus en tout genre.

Les internautes n’utilisent pas assez le courrier électronique ? Google offre Gmail. Les blogs ne se développent pas assez rapidement ? Ils achètent Blogger et l’offrent à tous les utilisateurs de Gmail. La vidéo en ligne peine à se développer ? Google rachète YouTube et en fait la plate-forme vidéo de référence dans le monde entier… idem avec les services de géolocalisation, et jusqu’à l’accès Internet lui-même, proposé aujourd’hui dans quelques villes américaines.

Bref, vous l’avez compris : au delà de mes deux premières lois, c’est à un véritable changement de paradigme que avons assisté en vingt ans. Reste maintenant à voir ce que nous réservent les vingt prochaines années… qui vivra verra !

Deux nouveaux services

Pour aller plus loin et vous permettre de vous approprier ces nouveaux mécanismes de l’économie 2.0, FD Conseil vous propose deux nouveaux services.

Le Creative Pursuit

Il s’agit d’un jeu de créativité qui se pratique par équipes de dix personnes et qui vous permettra d’aller au-delà du simple brainstorming afin de trouver des pistes de création de valeur pour vos clients.

Avec le Creativ Pursuit, FD Conseil vous propose d’animer vos séminaires en impliquant vos équipes par une approche ludique.

Un partenariat avec TalkSpirit

TalkSpirit est un outil innovant d’écoute clients et d’animation de communauté électronique. Au-delà de l’outil lui-même, ce que il s’agit de mettre en œuvre, c’est une véritable stratégie de communication avec votre écosystème.

FD Conseil est en mesure de vous accompagner dans cette démarche et dans le déploiement d’une solution TalkSpirit

Je vous souhaite à toutes et à tous un excellent été.

Bien cordialement,

Francois


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.