Applications créatives

D’ici quelques temps, je vais acheter l’iPad. Comme je l’indiquais dans la conférence que j’y ai consacré, c’est iBooks qui en constitue à mes yeux la nouveauté la plus remarquable (en attendant iAd, sur lequel je reviendrai bientôt).

Après quelques hésitations, il semble maintenant acquis que cette application sera bien disponible dès le lancement français de l’iPad. C’est une excellente nouvelle. En effet, l’iPad amputé d’iBooks aurait perdu une grande partie de son intérêt. Naturellement, je ne doute pas que les éditeurs feront bientôt émerger une offre attirante.

Pour ses livres électroniques, Apple a eu la bonne idée de retenir un format ouvert , ePub. on trouve donc un grand nombre d’ouvrages utilisant ce format et certains services comme ePub 2 Go permettent de passer des documents PDF au format ePub. On trouve également, notamment grâce au Projet Gutenberg, un grand nombre d’ouvrages disponibles au format ePub.

Cependant, j’ai profité de l’occasion pour me pencher sur le format. ePub fait partie de la grande famille de formats XML. Dans un seul paquet sont rassemblés le corps du texte et sa mise en forme.

Quand on essaye de créer un fichier epub, ce qui frappe de prime abord c’est le côté hybride du format : il mélange un standard logique très souple mais reste très proche de la mise en forme du livre : la notion de page reste très présente et, finalement, on bute assez vite sur les limitations du format. Ici saute aux yeux la justesse du concept de livre augmenté, proposé par S. Belfond, le fondateur de i-gutenberg. Un livre électronique donne envie de transcender les notions habituelles de pages, de texte, de lecture, pour aller plus loin, pour essayer autre chose, pour tester…

Autre découverte : sauf à retourner au bon vieux codage à la main, on manque cruellement d’outils de création de livres électroniques. Certes il est important de disposer de langages et de standards mais il est également important, voire crucial, de disposer d’applications créatives permettant à tout un chacun d’exprimer sa créativité. On peut naturellement utiliser un certain nombre de logiciels, dont La poule ou l’oeuf qui, aujourd’hui, est encore trop complexe pour être mis entre toutes les mains…

Or, en matière d’innovation, Apple est coutumière d’un fait récurrent : le lancement on pas d’un outil mais de d’un matériel et d’un ou plusieurs logiciels permettant des applications créatives. En 1984, elle ne lançait pas seulement le Macintosh, elle le vendait avec deux applications créatives : MacWrite et MacPaint. Puis sont apparus des logiciels comme PageMaker (à l’époque proposé par Aldus, avant d’être racheté par Adobe), Excel et tant d’autres.

Le lancement de l’iPod (en 2001) a été suivi de celui de GarageBand, logiciel permettant de créer des podcasts qu’on peut diffuser sur l’iTunes Store. Le lancement de l’iPhone a été suivi de celui de l’AppStore.

C’est pourquoi je pense qu’il est nécessaire de fournir un logiciel de création de livres électroniques. Il doit arriver en complément de la suite iWork ou de tout autre traitement de textes. Idéalement, il s’agirait d’une sorte de GarageBand, permettant de transformer un texte en livre électronique (appelons-le iPrint ;)). On pourrait également imaginer que l’iBookStore soit ouvert à tour auteur.

Ainsi, non seulement Apple resterait-elle dans la droite ligne de sa stratégie, mais cela permettrait l’émergence d’une vraie révolution de la diffusion des contenus et des idées !

4 pensées sur “Applications créatives

  • 9 mai 2010 à 23 h 17 min
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    C’est vrai que j’ai déjà testé quelques outils, mais rien n’est très bon à part le code à la main, puis envoi dans un outil de création d’ePub qui fera la bonne structure de Paquet.

    Sigil (sous GPL chez Google Code) est ce qui se fait de mieux en gratuit de ce que j’ai testé, et c’est à ce moment là que l’on a peur car on trouve (très/trop) vite ses limitations.

  • 10 mai 2010 à 9 h 29 min
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    Je ne connais pas du tout le monde de l’édition, mais tous ces débats ou posts sur les livres numériques m’intriguent.

    Quelle est la différence entre un ouvrage au format ePub et un simple PDF ? (au delà de l’aspect propriétaire du pdf)

    Pour moi les deux fournissent un ouvrage avec les fonts nécessaires, la mise en page est figée etc.

    Si tu pouvais éclairer ma lanterne ?

  • 11 mai 2010 à 21 h 30 min
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    Oh là là, mon Poski, plein de différences entre PDF & ePub : d’abord PDF est fermé et propriétaire alors que ePub est un standard ouvert basé sur des normes reconnues (XML).

    Ensuite, ePub est un peu plus qu’un simple « papier électronique » : il gère à la fois la structure logique et la structure physique du document (exactement comme LaTeX) et il offre, théoriquement plus de souplesse que le PDF…

  • Ping :Descente dans l’enfer de l’ePUB ! | FD Conseil

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