Abonnements chez Apple : un signe avant-coureur

Alors que les rumeurs courent sur le lancement de nouveaux produits, Apple vient d’annoncer l’ouverture d’un système d’abonnement pour la diffusion de contenus (voir le communiqué officiel de la marque.

Je pense que cette nouvelle formule est machiavélique… non seulement parce qu’Apple maitrise déjà les arcanes de la location (via les films et séries louables sur l’iTunes Store) mais également parce que cela ouvre des tonnes de possibilités.

Sans doute d’abord parce que cette facturation « mode SaaS » s’appliquera à terme également à l’AppStore de MacOS X et pas seulement aux produits sous iOS (iPhone, iPod Touch, iPad)… voire à tout ce qu’Apple vend dans ses « supermarchés de l’électronique », y compris les livres et leur foutu prix unique, devenu totalement anachronique — voir cet article de PC INpact ! Par parenthèse, le législateur semble oublier qu’aujourd’hui les livres peuvent être exclusivement électroniques, tels Opus 1, mon premier livre électronique vendu 0,99 EUR… bref, revenons à nos moutons.

Ensuite parce que la location va forcément créer des zones de doutes chez les clients : si on achète une appli pour une semaine et qu’on la trouve bien, on finira par se poser la question de l’achat d’une licence complète.

Partant, du point de vue marketing, si j’étais vendeur et que j’étais malin, je proposerais un prix « cassé » en mode SaaS et je reverrais mon prix « licence » à la hausse.

Par ailleurs, certaines applis (iPad notamment, sans parler du Mac) permettent de générer des fichiers… et donc si j’ai loué un fichier pour une semaine et que j’ai généré des fichiers…quand je veux les ouvrir à nouveau, je dois m’abonner pour une nouvelle période… et donc me poser à nouveau la question de l’achat de licence…

Ce petit jeu d’hésitation est une mécanique psychologique séculaire ! Parmi les nombreux industriels qui en ont joué, citons les cinéma qui la mette à profit avec succès, en multipliant les formules d’abonnements. Et je ne parle pas des opérateurs de téléphonie mobile qui font hésiter les clients entre formules « pré-paid » et « post-paid »…

Pour en revenir aux nouvelles formules tarifaires d’Apple, à partir du principe général, on peut décliner plusieurs scénarios, par types de produits vendus :

  • Pour la presse (quotidienne ou magazine): rien de nouveau, l’achat à l’acte pourra se généraliser (comme le font déjà, par exemple, l’application iOS du Parisien ou de Time et de nombreuses autres)
  • Pour les livres inutile d’acheter « à vie » un roman de gare (ou autre) qu’on jette après une seule lecture…
  • Pour les applis, deux possibilités à mon sens :
    1. un prix SaaS cassé pour permettre les essais… ensuite une licence « augmentée » (ce qui favorisera des utilisations ponctuelles). Cette formule serait, à mon sens, assez adaptée aux jeux ;
    2. soit l’inverse. Prix SaaS assez élevé et prix licence plutôt bas (ce qui serait une forme de prime à la fidélisation des clients) sans doute pour des applications plus pratiques.

Encore une fois donc, une nouveauté apparemment technique met le doigt sur une réalité économique qui bouscule les esprits : à l’ère du numérique, il ne s’agit plus de singer ce qui se faisait dans le monde des biens réels mais de trouver des cadres spécifiques et adaptés.

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